Mis à jour le 30 juillet 2026. Les résultats Qualcomm du troisième trimestre fiscal 2026 illustrent une transition irrégulière : le chiffre d’affaires recule de 4 % à 9,947 milliards de dollars, mais l’automobile et l’Internet des objets continuent de réduire la dépendance du groupe aux smartphones.
Le problème dépasse la faiblesse cyclique des téléphones. Qualcomm doit préserver sa rentabilité et sa capacité d’investissement alors que les coûts des wafers, de l’assemblage, des tests, du packaging avancé et de la mémoire augmentent. Les mesures tarifaires, les nouveaux marchés et les logiciels d’IA doivent aider progressivement, sans garantir un rééquilibrage immédiat.
Résultats Qualcomm : les chiffres clés du T3 2026
| Indicateur | T3 2026 | Variation annuelle |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 9,947 Md$ | -4 % |
| Bénéfice net GAAP | 2,002 Md$ | -25 % |
| BPA GAAP | 1,87 $ | -23 % |
| BPA non-GAAP | 2,21 $ | -20 % |
| QCT | 8,504 Md$ | -5 % |
| QTL | 1,278 Md$ | -3 % |
| Smartphones | 5,086 Md$ | -20 % |
| Automobile | 1,588 Md$ | +61 % |
| IoT | 1,830 Md$ | +9 % |
Les données du document déposé par Qualcomm auprès de la SEC le 29 juillet montrent que le bénéfice diminue beaucoup plus vite que les ventes. Le trimestre reflète donc à la fois un problème de volumes, un mix moins favorable et une base de coûts plus exigeante.
Le mobile reste la principale faiblesse
Les revenus QCT liés aux smartphones chutent de 20 % à 5,086 milliards de dollars. Le mobile demeure le premier débouché de Qualcomm : une contraction de cette ampleur ne peut pas être compensée en un trimestre, même avec des taux de croissance élevés dans les métiers plus récents.
Il faut séparer le cycle de la structure. La demande et le calendrier des lancements peuvent s’améliorer, mais la concentration des clients et la maturité du marché mobile restent des contraintes durables. La récente rotation des actions liées à l’IA et aux puces répond à la même logique : croissance apparente et qualité des bénéfices ne sont pas équivalentes.
L’automobile et l’IoT concrétisent la diversification
L’automobile génère 1,588 milliard de dollars, en hausse de 61 %, et signe un vingt-troisième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres. L’IoT atteint 1,830 milliard, soit +9 %. Ensemble, ces deux activités progressent de 28 % et représentent désormais 3,418 milliards de revenus trimestriels.
Ces chiffres attestent d’une exécution commerciale, pas seulement d’une ambition stratégique. Dans l’automobile, toutefois, les contrats de conception et le carnet potentiel ne deviennent pas immédiatement du chiffre d’affaires : les cycles sont longs et dépendent des programmes des constructeurs. Dans l’IoT, la diversité des applications élargit le marché mais peut rendre le mix plus irrégulier.
Qualcomm prévoit que la croissance des revenus hors smartphones, data centers inclus, accélère de 24 % pendant l’exercice 2026 à plus de 60 % en 2027. Le nouvel objectif atteint 40 milliards de dollars en 2029. Il suppose une progression simultanée de l’auto, de l’IoT, des PC, des data centers et du logiciel, alors que le mobile finance encore largement la transition.
Les coûts placent les prix et les marges au centre
Qualcomm signale des hausses sur les wafers, l’assemblage, les tests, le packaging avancé et la mémoire. L’exposition est large : les puces de pointe utilisent des procédés coûteux, tandis que l’inflation de la mémoire ajoute une pression lorsque la demande finale ne permet pas de répercuter immédiatement les coûts.
Les mesures tarifaires devraient soulager progressivement les comptes, mais les délais contractuels et la concurrence limitent leur portée. Une hausse trop rapide peut freiner la demande ou conduire les clients à réduire le contenu électronique par appareil. Les marges indiqueront donc mieux que les seules ventes si la réponse fonctionne.
La comparaison avec les résultats de Microsoft dans le cloud et l’IA souligne une différence : l’échelle logicielle absorbe parfois plus vite les investissements, alors que capacité, matériaux et packaging affectent directement le coût des ventes d’un fabricant de puces.
Modular ouvre une piste dans l’IA agentique
L’acquisition finalisée de Modular apporte une fondation logicielle ouverte pour l’IA générative et agentique. Qualcomm cherche ainsi à remonter dans la chaîne de valeur : vendre non seulement du silicium, mais aussi des outils facilitant le développement et le déploiement des modèles sur appareils, PC, edge et infrastructures.
Un écosystème logiciel crédible pourrait augmenter les coûts de changement et stimuler la demande de matériel. Le risque tient à l’exécution : intégrer Modular, attirer les développeurs et affronter des plateformes établies exigera des dépenses avant de produire des revenus importants. La progression devra aussi se lire dans le flux de trésorerie disponible des groupes technologiques.
Prévisions et prochaines données à surveiller
Pour le quatrième trimestre, Qualcomm prévoit entre 9,7 et 10,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le milieu de cette fourchette ne traduit pas encore une accélération décisive ; il laisse ouverts plusieurs scénarios concernant la demande mobile, le mix et l’absorption des coûts.
- la stabilisation éventuelle des revenus smartphones ;
- la croissance séquentielle et les marges de l’automobile et de l’IoT ;
- le délai et l’efficacité des hausses de prix face aux coûts des wafers, de la mémoire et du packaging ;
- les commandes, clients et revenus liés aux data centers et à Modular ;
- l’avancement vers plus de 60 % de croissance hors mobile en 2027 et 40 milliards de dollars en 2029.
En résumé, les résultats Qualcomm confirment que la diversification fonctionne sur le plan commercial, surtout dans l’automobile. Elle ne neutralise pas encore la faiblesse mobile ni la pression sur les bénéfices. Le prochain test sera de convertir les ambitions hors smartphones et dans l’IA en marges, en trésorerie et en visibilité.
